(l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Libye, le Burundi, l'Erythrée, l'Ethiopie, Madagascar, le Zimbabwe, l'Afrique du Sud, Djibouti, l'Egypte, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Tanzanie et l'Ouganda)
seront en pénurie d'eau d'ici 2010.
Ils disposeraient en effet de moins de 1 000 m3 d'eau par habitant et par an.
Ce texte révèle également que plus de 300 millions de personnes dans ces pays sont sans eau potable, et encore plus nombreux sont ceux qui ne sont pas reliés à un système d'assainissement pour l'évacuation des eaux usées.
Dans ces régions, les femmes passent des heures chaque jour à chercher des sources d'eau, à la récupération et à la purification de l'eau.
Les conséquences directes de cette situation se traduisent par le fait que près d'un habitant du continent africain sur deux souffre de maladies liées au manque d'eau.
or en moyenne, un être humain a besoin d'environ 20 litres d'eau salubre par jour pour ses besoins métaboliques, hygiéniques et domestiques.
si l'organisme peut vivre des semaines sans nourriture il ne peut survivre que quelques jours sans eau.
On estime par exemple, que chaque année, 900 millions de personnes souffrent et environ 2 millions meurent de maladies diarrhéiques transmises par l'eau.
La plupart des malades vivent dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les plus exposés étant les enfants et les personnes âgés.
Des millions de gens souffrent d'autres maladies liées à l'eau telles que la bilharziose, le choléra, l'éléphantiasis et l'ankylostomiase.
Le problème se trouve aggravé par le fait que partout dans le monde les ressources en eau et les écosystèmes qui les produisent sont menacés par la pollution, l'utilisation abusive, les modifications dans l'utilisation des terres, et autres phénomènes suscité par les hommes.
Les tensions frontalières pour l'accès à l'approvisionnement en eau se multiplient et, selon certains spécialistes, 51 pays situés dans 17 bassins hydrologiques internationaux risquent ainsi d'entrer en conflit au cours des dix prochaines années.
Le Nil, le Jourdain, le Tigre, l'Euphrate, le Gange et le Mékong sont les principaux points sensibles de cette bataille pour l'eau.
Les investissements consacrés aux ressources en eau devraient plus que doubler, et passer ainsi d'environ 70-80 milliards à 180 milliards de dollars par an pour faire face aux besoins.
Le phénomène va s'exacerber d'autant plus, que l'approvisionnement en eau est rapidement privatisé, sous la pression des grandes firmes multinationales de l'eau qui plaident pour que l'approvisionnement public en eau et même l'eau potable soient considérés comme des marchandises.
On estime que le marché mondial annuel de l'eau et des eaux usées oscille entre 300 et 800 milliards de dollars (Banque Mondiale).
L'eau "Cette ressource rare, essentielle pour la vie, doit être considérée comme un trésor naturel faisant partie de l'héritage commun de l'humanité."
Federico MAYOR, Directeur général de l'UNESCO
