Depuis 1940, chaque année la consommation d'eau dans le monde augmente de 2.5 à 3% en moyenne alors que le taux de croissance démographique n'est que de 1.5 à 2%.
Dans les pays développés, les pénuries d'eau ont augmenté annuellement de 4 à 8% entre 1990 et 2000.
Près d'un demi-miliard d'habitants de 31 pays, la pluaprt du Moyen-Orient et d'Afrique souffrent aujourd'hui du manque d'eau. Selon l'ONU, au taux actuel de croissance de la population et de ses besoins en eau douce, en 2025 la quantité moyenne d'eau douce disponible devrait chuter de 6600 à 4800 m3 par habitant et par an, soit une réduction de près d'un tiers. A cette date, les experts estiment que 5 fois plus d'habitants qu'aujourd'hui seront touchés par la pénurie d'eau, ce qui représentera 2.8 milliards d'habitants soit 35% de la population estimée de la Terre à cette époque !
En 2025, 17 autres pays, y compris l'Ethopie, l'Inde, le Kenya, le Nigéria et le Pérou s'ajouteront à la liste des pays en manque d'eau. La Chine et le Pakistan approcheront de l'état de stress hydrique.
Si l'augmentation des prélèvements en eau se poursuit au taux actuel, entre la moitié et les deux tiers de l'humanité devraient être en situation de stress hydrique en 2025, soit un retournement de la situation actuelle au détriment de tous les pays pauvres. Ce seuil d'alerte correspondant à moins de 1700 m3 d'eau douce disponible par habitant et par an (< 5 litres/jour).
Le risque d'une pénurie d'eau douce est donc bien réel et mêmes les mégapoles occidentales seront touchées par le phénomène. Ainsi, sachant que les habitants de Floride consomment en moyenne 600 litres d'eau par jour, 4 fois plus que les Européens, le Gouvernement fédéral a récemment annoncé que son Etat connaîtrait une pénurie d'eau en 2020. C'est bien sûr très inquiétant mais pas catastrophique dans la mesure où cet Etat dispose déjà d'usines de dessalement d'eau de mer.
L'Australie doit également veiller à ses ressources naturelles et sa biodiversité qui ont tendance à disparaître, y compris ses réserves d'eau potable. Actuellement 17 millions d'hectares, une étendue deux fois plus vaste que la Tasmanie, sont en voie de désertification du fait de l'accumulation de sels et de pratiques agricoles inadaptées. Mais ici les rares projets d'implantation de station de dessalement ne sont pas toujours les bienvenus si on en juge par cette pétition de l'ACF contre l'installation de la plus grande usine de dessalement du monde à Sydney. Raisons invoquées : le prix, la pollution et le gigantisme de l'installation. Mais quand on sait que l'Australie est la plus grande consommatrice d'eau potable, on peut comprendre l'intérêt des autorités pour un tel projet.
Tous les efforts se concentrent aujourd'hui dans la sensibilisation du public et du monde agricole. Si les citoyens peuvent facilement réduire leur consommation d'eau, un changement de mentalité dans le secteur agricole ne s'opère pas du jour au lendemain et requiert des investissements que tous les fermiers ne sont pas en mesure de réaliser sans l'aide de l'Etat.
Le problème de l'irrigation est important car c'est l'agriculture qui nourrit toute la population de notre planète. Sa productivité ne peut qu'augmenter et avec elle la surconsommation d'eau douce. Déjà excessive, celle-ci devrait encore augmenter de 17% jusqu'en 2025.
Pour maîtriser la consommation d'eau du secteur agricole, il est donc urgent d'amélioration la gestion globale de l'irrigation en incitant les fermiers à utiliser les nouvelles méthodes décrites précédemment.
Il y a également la question humanitaire. Aujourd'hui, un habitant sur cinq n'a pas accès à l'eau potable. Selon l'ONU, sur les 33 mégapoles de plus de 8 millions d'habitants qui existeront en 2010, 27 seront situées dans les pays les moins développés et donc les moins à même de pouvoir répondre aux besoins.
En complément, même si de légères diminutions de la consommation en eau sont observées depuis quelques années en Occident, les experts prévoient 40% d'augmentation de la consommation municipale et domestique d'ici à 2020.
Comment enrailler ce processus ? Pour tenter d'inverser cette tendance, diverses solutions existent pour diminuer la consommation d'eau et limiter les pertes : améliorer l'efficacité des techniques d'irrigation, généraliser l'usage des méthodes les plus performantes, rénover les structures de production et de distribution d'eau potable et en construire de nouvelles, préserver les réserves, lutter contre la pollution, notamment en assainissant les zones poluées, en recyclant l'eau ... Mais comme nous l'avons déjà souligné, toutes ces mesures sont très onéreuses et généralement inacessibles aux pays en voie de développement.
Le problème ne peut donc être résolu qu'au niveau politique, en concertation avec les instances nationales et internationales et en réorientant les priorités d'investissements vers les régions les plus affectées et les projets les plus susceptibles de renverser cette tendance.
PS Ce poster de l'UNESCO nous rappelle que l'eau douce est indispensable à la vie.